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Fatum

loin s'en faut

N.M (1762 ; mot.lat.)

 
 
A la page 762 du petit Robert se trouve Fatum.
L'un des mots les plus jolis de la langue française. Il a cette douceur et cette profondeur, le poids d'une civilisation que l'on dira antique et toute la légéreté de son avenir. Curieusement. Etrangement. Il ressemble à Fatras, qui d'ailleurs le précède sur cette page où tous les mots commencent par F. Comme Fatuité. Est-ce a dire que Fatum serait subtilement lié à Fatras par je ne sais quel fatuité. Quelques lignes, quelques courbes emplient d'une encre mécanique, et tout devient limpide. J'aime à croire que ce dictionnaire me parle de cet entrelacement fortuit. J'aime le lien surtout quand il est improbable. J'aime le temps qui s'écoule sans le choisir. Le laisser vivre et dégager de tous ces entrelas une certaine forme de destin fortuit. Bienvenu au milieu du Fatras des routes qui forment peut-être, qui sait, toute la rondeur du Fatum. 

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le desert salé | 12 avril 2007

Arrivé à ce point du chemin, Georges ne savait plus. Fallait-il prendre à gauche, devait-il choisir la droite. Tout droit ? Trop hostile. Beaucoup trop hostile. Georges n'était pas fou.

Pourtant, Georges était parti un matin sans même claquer la porte. Il s'était laissé porté au gré du courant, et voilà que le courant était gelé, complètement figé. Empêtré sous un mètre de glace.

Georges ne savait plus. Tout était trop blanc. Bien trop éblouissant. J'ai marché sur la baltique salée et j'enviais Georges de ne plus savoir où aller. Plutôt rester.

Parfois le brouillard se fige, et tout devient plus limpide.

Publié par bidule14 à 23:22:46 dans Une photo - Un jour | Commentaires (0) |

Il pleut des oeufs | 10 avril 2007

Dans mon sac à provisions, de la teinture, des feuilles glanées sur les pouces du printemps. Des oeufs. Dix. Trois se sont cassés. Manque de vigilence.

Les poules n'ont toujours pas de dents. Elles caquètent avec autant de véhémence, ébrouent leurs plumes comme à d'habitude et se foutent éperduement des jours particuliers.

Moi j'essaie de tenir en équilibre. Je vogue entre mes souvenir et d'autres. Je concilie.

J'ai choisi mes feuilles tendres et souples. Des formes découpées ou plus rondes, d'autres longilignes.

Je les ai dépliés, avec précaution. J'ai enveloppé mes oeufs avec. Cinq minutes dans l'eau carmin. La tradition restée intacte, en empreinte sur la coquille sanguine.

Me voilà qui pédale, comme une folle. J'étais grisée par l'envie de tout adopter, l'encen, les cierges, les joyeux recueillements, les chants comme un liant suspendu. Par dessus tout, ta nécessité, bien plus grande qu'un autre jour de l'année.

Mon vélo s'est emballé. Je ne sais pas comment. Peut-être, oui peut-être bien que j'allais trop vite. Dans la descente j'ai déraillé. J'ai mal au genou et les poules s'en contre foutent.

Publié par bidule14 à 13:07:26 dans Une photo - Un jour | Commentaires (1) |

Boréal | 07 avril 2007

Depuis quelques jours maintenant, tu pleures.
Tu pleures comme un arbre qui suinte.
En silence.
Tu te tais.
Pourtant je sens bien moi dans te sanglots entrecoupés d'agitation silencieuse, que ta tête était plus légère à regarder l'espace du silence.
Garde le. Garde le bien au fond de toi et de tes doigts.
Pour qu'un jour,
enfin tu puisses,
pleurer au creu de mes bras.
Volime te.

Publié par bidule14 à 17:52:32 dans Dialogue de l'Aquapin | Commentaires (2) |

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