• Arrivé à ce point du chemin, Georges ne savait plus. Fallait-il prendre à gauche, devait-il choisir la droite. Tout droit ? Trop hostile. Beaucoup trop hostile. Georges n'était pas fou.

    Pourtant, Georges était parti un matin sans même claquer la porte. Il s'était laissé porté au gré du courant, et voilà que le courant était gelé, complètement figé. Empêtré sous un mètre de glace.

    Georges ne savait plus. Tout était trop blanc. Bien trop éblouissant. J'ai marché sur la baltique salée et j'enviais Georges de ne plus savoir où aller. Plutôt rester.

    Parfois le brouillard se fige, et tout devient plus limpide.

    votre commentaire
  • Dans mon sac à provisions, de la teinture, des feuilles glanées sur les pouces du printemps. Des oeufs. Dix. Trois se sont cassés. Manque de vigilence.

    Les poules n'ont toujours pas de dents. Elles caquètent avec autant de véhémence, ébrouent leurs plumes comme à d'habitude et se foutent éperduement des jours particuliers.

    Moi j'essaie de tenir en équilibre. Je vogue entre mes souvenir et d'autres. Je concilie.

    J'ai choisi mes feuilles tendres et souples. Des formes découpées ou plus rondes, d'autres longilignes.

    Je les ai dépliés, avec précaution. J'ai enveloppé mes oeufs avec. Cinq minutes dans l'eau carmin. La tradition restée intacte, en empreinte sur la coquille sanguine.

    Me voilà qui pédale, comme une folle. J'étais grisée par l'envie de tout adopter, l'encen, les cierges, les joyeux recueillements, les chants comme un liant suspendu. Par dessus tout, ta nécessité, bien plus grande qu'un autre jour de l'année.

    Mon vélo s'est emballé. Je ne sais pas comment. Peut-être, oui peut-être bien que j'allais trop vite. Dans la descente j'ai déraillé. J'ai mal au genou et les poules s'en contre foutent.


    1 commentaire
  • Depuis quelques jours maintenant, tu pleures.
    Tu pleures comme un arbre qui suinte.
    En silence.
    Tu te tais.
    Pourtant je sens bien moi dans te sanglots entrecoupés d'agitation silencieuse, que ta tête était plus légère à regarder l'espace du silence.
    Garde le. Garde le bien au fond de toi et de tes doigts.
    Pour qu'un jour,
    enfin tu puisses,
    pleurer au creu de mes bras.
    Volime te.

    2 commentaires
  • Parfois les hommes tombent du ciel.
    Parfois les hommes ressemblent à un sapin que l'on jette par la fenêtre. Septième.
    Il y a ce son mat et sourd. Un son que l'oreille ne connait pas encore.
    Un son qu'elle n'oubliera jamais.
    Le son d'un corps lourd et jeune qui rebondit contre le bitume indifférent.
    Un sapin en chausson. Un sapin qui porte son identité autour du cou.
    Un sapin vivant, auréolé de sang et de viscères.
    Parfois les hommes viennent du ciel. Espérons qu'ils y retournent plus serein.


    4 commentaires